À quelques semaines de la 94e édition des 24 Heures du Mans, Inter Europol Competition dévoile une livrée inédite pour son Oreca 07-Gibson engagée en catégorie LMP2. Une décoration inspirée des paysages des champs de colza.
Il y a des livrées qui habillent une voiture. Et puis il y a celles qui lui donnent une âme. Pour les 24 Heures du Mans 2026, Inter Europol Competition a choisi la seconde voie.
L’Oreca 07-Gibson #43 pilotée par Kuba Śmiechowski, Tom Dillmann et Nick Yelloly portera une robe inédite imaginée par les designers polonais Aleksandra et Gustaw Lange, du studio Lange & Lange Design. L'Art Car de l’équipe qui a remporté la catégorie LMP2 des 24 Heures du Mans 2025 est un concept global. Il inclut non seulement le prototype lui-même, mais aussi l’identité visuelle et la communication du projet dans son ensemble.
Une livrée inspirée des paysages des champs de Colza
Le jaune et le vert emblématiques d’Inter Europol Competition restent au cœur du projet. Des couleurs inspirées des champs de colza polonais, ces étendues lumineuses qui semblent vibrer sous le vent. Mais aux 24 Heures du Mans, rien n’est immobile. Alors les designers ont transformé cette image paisible en une matière vivante, traversée par l’énergie et la vitesse.
La carrosserie devient alors une toile mouvante. Une évocation du courant impressionniste polonais, nourrie de références à Leon Wyczółkowski, Edward Dwurnik ou encore Waldemar Świerzy et à l’esthétique de l’école polonaise de l’affiche.
« Notre objectif était de créer quelque chose qui fonctionne immédiatement sur le plan visuel, mais qui porte également des significations plus profondes. Il ne s'agit pas seulement d'esthétique, mais d'un langage qui relie l'histoire, l'émotion et la fonction », expliquent Aleksandra et Gustaw Lange.
Le Mans, scène idéale pour raconter une histoire
Aux 24 Heures du Mans, chaque détail finit par raconter quelque chose. Les disques de freins qui rougissent dans la nuit. Une carrosserie couverte d’insectes après des heures à défier la course. Cette Art Car s’inscrit dans cette tradition où la machine porte bien plus que de la performance. Inter Europol Competition n’oublie pas l’essentiel. La structure polonaise sait ce qu’il faut mettre en œuvre pour survivre à la course la plus impitoyable au monde.
Sascha Fassbender, directeur sportif de l’équipe confie : « Remporter les 24 Heures du Mans à deux reprises et terminer deuxième une fois nous a démontré ce qu'il faut pour performer au plus haut niveau des courses d'endurance. Mais le sport automobile d'aujourd'hui est bien plus qu'une simple compétition : c'est une plateforme de communication puissante et une opportunité de sortir des sentiers battus. Avec ce projet Art Car, nous souhaitions aller au-delà de la simple performance. Il s'agit d'exprimer notre identité d'équipe, de raconter une histoire et de créer un lien avec le public, au-delà des circuits. Le sport automobile offre une scène unique et nous pensons qu'il doit aussi être un espace de créativité, d'audace et de pensée novatrice. »
Pour une deuxième victoire de rang
Le Mans a toujours été un musée vivant de l’automobile. Certaines voitures y gagnent une course. D’autres y gagnent une place dans la mémoire collective. Inter Europol Competition semble vouloir toucher les deux.
Lorsque la #43 s’élancera, le samedi 13 juin à 16 heures, dans le tumulte du départ, elle transportera évidemment les ambitions sportives de Kuba Śmiechowski, Tom Dillmann et Nick Yelloly. Le trio entend bien remonter sur la plus haute marche du podium de la catégorie LMP2. Leur expérience, leur précision et leur esprit d'équipe seront déterminants pour le résultat en piste, mais c'est l'Art Car qui assurera à l'histoire de cette voiture un rayonnement bien au-delà du sport automobile.
Précisons également que l'équipe polonaise engagera un deuxième châssis frappé du numéro 343. Au volant de cette voiture, nous retrouverons Bijoy Carg, Reshad De Gérus et Nico Müller.
« Le Mans est un endroit où chaque détail et chaque décision comptent. Ce projet montre que le sport automobile n’est pas seulement une question de performance, mais aussi d’émotion et de narration », souligne Kuba Śmiechowski.
Et c’est peut-être cela, au fond, qui rend Le Mans unique depuis plus d’un siècle. Ici, même la peinture peut raconter une histoire d’endurance.