Having locked out the front of the grid last year, Cadillac Hertz Team JOTA are back with the same goal, to start from the front and be first across the line.
Un an après avoir offert à Cadillac sa première Hyperpole aux 24 Heures du Mans — 75 ans après la première apparition de la marque dans la Sarthe — le constructeur américain poursuit sa montée en puissance. Si les évolutions de la V-Series.R sont discrètes, elles répondent à une réalité propre aux 24 Heures du Mans : ici, chaque détail compte. Dans une catégorie Hypercar où les écarts se mesurent en dixièmes, l’aérodynamique, la gestion du trafic ou encore la préparation virtuelle peuvent changer la donne.
Une Hypercar pensée pour respirer dans le trafic
Aux 24 Heures du Mans, la vitesse pure ne suffit jamais. Une Hypercar doit aussi savoir évoluer au milieu d’un trafic dense, comme un nageur qui conserve son rythme malgré les remous autour de lui. C’est précisément sur ce point que Cadillac a concentré une partie de ses efforts pour 2026. « Nous avons redessiné le package aérodynamique afin d'améliorer notre capacité à suivre les autres voitures de près avec moins de perte d'appui qu'auparavant », explique Jeromy Moore.
L’évolution la plus visible concerne l’aileron arrière, désormais plus bas que sur la version 2025 de la Cadillac V-Series.R. L’objectif est clair : préserver l’efficacité aérodynamique lorsque la voiture roule dans l’aspiration d’un concurrent et améliorer sa compétitivité dans les dépassements. « Nous devrions être plus performants dans le trafic et améliorer nos temps au tour par rapport à l’an dernier. Au Mans, nous rencontrons du trafic à chaque tour. Nous espérons également être plus compétitifs en vitesse de pointe », poursuit-il.
Cette quête d’équilibre est particulièrement complexe sur ce circuit unique. Les longues lignes droites réclament une faible traînée aérodynamique tandis que les virages Porsche exigent un niveau d’appui élevé pour conserver des vitesses de passage élevées.
Le Mans, une influence qui s’étend à toute la saison
Contrairement à certaines catégories où les équipes peuvent modifier profondément leur aérodynamique selon les circuits, les Hypercars disposent d’une seule configuration homologuée pour l’ensemble de la saison. La classique mancelle occupe donc une place particulière dans les réflexions des ingénieurs. « Ce que nous choisissons affecte tous les circuits. Nous avons visé une configuration capable d’être compétitive partout, mais Le Mans reste évidemment une priorité importante », explique le responsable technique.
La fenêtre d’homologation définie par l’ACO, la FIA et l’IMSA limite cependant les écarts possibles entre les différentes philosophies aérodynamiques. Dans ce contexte, les gains se nichent dans les détails, ces petits ajustements presque invisibles qui, mis bout à bout, peuvent faire gagner de précieux dixièmes.
Les 24 Heures du Mans conservent leur part d’inattendu
La préparation moderne des 24 Heures du Mans se joue autant dans les simulateurs qu’en piste. Cadillac Hertz Team JOTA a notamment réalisé une séance d’essais à Silverstone à la mi-mai pour préparer l’échéance mancelle.
Pour autant, même les outils numériques les plus sophistiqués atteignent leurs limites lorsqu’il s’agit de reproduire l’atmosphère unique du Mans. « Il est difficile de simuler complètement ce que nous vivons pendant les 24 Heures du Mans », reconnaît Jeromy Moore. La piste évolue continuellement au cours de l’épreuve. L’adhérence augmente à mesure que la route se nettoie et que la gomme se dépose. »
Les pilotes et les ingénieurs ont passé quatre journées complètes dans le simulateur avant l’épreuve afin d’affiner les réglages et préparer chaque scénario possible. Une nécessité à l’heure où les essais en piste sont strictement encadrés par le règlement.
Mais malgré les progrès de la technologie, une vérité demeure. « Le simulateur est un outil essentiel de préparation, mais rien ne peut remplacer les essais et la course sur le véritable circuit. »
Peut-être est-ce là l’une des grandes forces des 24 Heures du Mans. Malgré les algorithmes, les données et les modèles numériques, le circuit conserve sa part d’inattendu. Comme une vieille route que l’on croit connaître par cœur mais qui révèle toujours un nouveau visage au lever du jour.
C’est précisément cette part d’inconnu que Cadillac tentera d’apprivoiser les 13 et 14 juin prochains, avec l’ambition de confirmer que la vitesse affichée en qualifications peut aussi s’écrire dans l’histoire de la course.