L’ACO salue la mémoire de Hans Herrmann
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L’ACO salue la mémoire de Hans Herrmann

Hans Herrmann, artisan de la première victoire de Porsche au Mans, s’est éteint.

 

L’Automobile Club de l’Ouest a appris avec émotion la disparition de Hans Herrmann à 97 ans. Le pilote allemand, vainqueur aux 24 Heures du Mans en 1970 et quatorze fois au départ de la classique mancelle, s’en est allé. Hans Herrmann était une sorte de personnage mythique, tout droit sorti d’un livre de contes.

Alors qu’il se dirige vers une carrière dans la pâtisserie, il prend la vie au défi en se lançant dans les sports mécaniques au début des années 1950. Petit à petit, son nom grandit en Allemagne, puis en Europe. Herrmann se retrouve assez rapidement dans les petits papiers de Porsche, puis de Mercedes, écurie menée par le non moins légendaire Alfred Neubauer. Commence une épopée importante pour l’Allemand, où il se démarque par son talent, bien sûr, mais aussi par sa chance.

 

À l'occasion de la Mille Miglia 1954, une course d’endurance disputée sur route en Italie, l’impensable se produit. Lorsqu’il arrive dans le village de Chieti, à la sortie d’un virage aveugle, il se trouve face à un passage à niveau. Alors que les barrières se ferment – le commissaire n’étant pas au bon endroit pour les avertir, Hans Herrmann n’a d’autre choix que d’enfoncer la pédale. Avec sa main libre, il baisse la tête de son copilote Herbert Linge et se recroqueville autant qu’il le peut, et ça marche. L’une des nombreuses anecdotes qui expliquent son surnom, « Hans im glück », ou « Hans le chanceux » en français.

Une grande partie de son histoire s’est écrite sur les routes mancelles. Dès 1953, il est recruté par Porsche pour participer aux 24 Heures du Mans à bord d’une 550 Coupé. Il accroche une deuxième place dans sa classe pour son tout premier engagement, ce qui représente un exploit assez peu commun. S’il a couru pour Mercedes, Maserati, ou la fameuse Scuderia Centro Sud en Formule 1, sa carrière au Mans fut entièrement dédiée à Porsche.

Il multipliait les apparitions dans différentes catégories et sur tous les continents. Au milieu des années 1950, tout le monde reconnaissait son immense talent, et Herrmann se démarquait, souvent, par cette chance qui lui collait à la peau. En 1959, sur l’AVUS, à l’occasion du Grand Prix d’Allemagne, il évita le pire après avoir été éjecté de sa BRM. Ses résultats étaient un peu moins heureux aux 24 Heures, où ses équipages essuyaient les abandons, mais le premier succès vint en 1958, toujours sur Porsche, en catégorie Sport 2.0 l.

Porsche et Hans Herrmann, de Stuttgart, nouent une relation qui dépasse le simple cadre des circuits. Les deux entités grandissent ensemble, alors que Porsche se rapproche inlassablement de sa première victoire en Sarthe. De 1961 à 1967, Hans Herrmann ne fait jamais moins bien que deuxième dans sa classe à l’occasion du double tour d’horloge, le tout en côtoyant les plus illustres de son époque : Jean Behra, Maurice Trintignant, et Jo Siffert, entre autres.

L’édition 1969 aurait pu être la bonne. Seul problème : Hans Herrmann et son coéquipier Gérard Larrousse tombent sur un os, à savoir, Jacky Ickx dans sa Ford GT40. Dans une explication légendaire, les deux n’arrivaient pas à se départager jusque dans les derniers tours de course. Finalement, Ickx l’emporte sur Herrmann pour seulement 120 mètres, soit le plus faible écart de tous les temps pour deux concurrents de marques différentes. Une défaite amère, mais qui prouve que Porsche comme Herrmann se rapprochent du but.

Vient l’année 1970, et avec elle, l’évolution de la fabuleuse Porsche 917. En 1969, Herrmann était doté d’une 908 Coupé, mais, cette fois, Porsche KG Salzburg et Ferdinand Piëch lui confient l’une des armes les mieux affûtées de l’histoire des sports mécaniques : la fameuse 917 K. Lui et son coéquipier britannique Richard Attwood se jouent des caprices de dame Nature et remportent la victoire au classement général, la toute première de Porsche.

Cet ultime exploit, réalisé à 42 ans, était en réalité son dernier. Hans Herrmann avait perdu trop d’amis à cause de la dangerosité inhérente aux disciplines motorisées. Avant la course, il avait promis à son épouse Magdalena de raccrocher la combinaison s’il venait à s’imposer au Mans. Parole donnée, parole tenue. Sur le champ, Hans Herrmann quitte le monde de la compétition, mais certainement pas les circuits. En plus d’être un fier ambassadeur pour Porsche, il n’hésite jamais à prendre part à des événements historiques visant à célébrer l’héritage d’un sport auquel il a largement contribué.

Son palmarès est sans fin : parmi ses plus de 80 victoires en carrière, il compte trois podiums aux 24 Heures du Mans, dont une victoire, deux succès aux 12 Heures de Sebring, un à la Targa Florio, et un triomphe aux 24 Heures de Daytona, en plus de 18 Grands Prix en Formule 1 pour un podium. Plus globalement, son engagement auprès de Porsche est unanimement salué.

Son existence empreinte de gloire a profondément marqué les 24 Heures du Mans ; à sa famille et à ses proches, l’Automobile Club de l’Ouest présente ses plus sincères condoléances.

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