Les 24 Heures du Mans 2026 à 19 ans avec Adrien Closmenil
À seulement 19 ans, Adrien Closmenil s’apprête à prendre le départ de ses premières 24 Heures du Mans. Ce Normand incarne une nouvelle génération de pilotes pour qui Le Mans n’est pas seulement une course, mais une aventure humaine hors norme. Rencontre avec un jeune homme qui s’apprête à vivre l’un des plus grands moments de sa vie.
Dans quelques jours, Adrien Closmenil découvrira ce que des milliers de pilotes ont rêvé de vivre avant lui : prendre le départ des 24 Heures du Mans. À seulement 19 ans, le pilote de Bayeux, engagé au volant de l’Oreca 07-Gibson#37 de CLX Motorsport alignée en catégorie LMP2, s’apprête à entrer dans une autre dimension. Celle où les souvenirs d’enfance croisent la réalité, où les rêves deviennent des objectifs, et où chaque tour de piste raconte une histoire plus grande que soi. Derrière sa jeunesse se cache déjà une maturité forgée par les succès, le travail et l’apprentissage constant d’une discipline qui récompense autant l’humain que la performance.
Une pole position lors de Road To Le Mans 2024
Bien avant de découvrir les stands, les briefings techniques ou les relais de nuit, Adrien Closmenil regardait les 24 Heures du Mans à la télévision avec ses parents. Comme beaucoup d’enfants passionnés de sport automobile, il tentait d'imaginer ce que pouvait ressentir un pilote lancé à pleine vitesse dans la nuit mancelle.
Son attachement à la course s’inscrit aussi dans une histoire familiale. Son grand-père était pilote de rallye. Une passion transmise naturellement, devenue au fil des années un projet de vie.
Lorsque le jeune Normand signe la pole position de Road to Le Mans en 2024, sur le grand circuit, l’émotion est déjà immense. « C’était ma première saison en endurance et ma première qualification en Michelin Le Mans Cup. C’était un accomplissement de montrer que, en LMP3, je pouvais avoir un très bon niveau. Piloter sur ce circuit, ça représentait déjà une certaine charge émotionnelle. Alors, réaliser une pole position, c’est forcément un formidable souvenir. »
Comme une première pierre posée sur le chemin qui mène à la plus grande course d’endurance au monde.
Cinq victoires en six courses
L’histoire pourrait donner l’impression d’une progression fulgurante. Elle est surtout celle d’un travail patient. En 2025, Adrien Closmenil domine la catégorie LMP3 de l’European Le Mans Series avec CLX Motorsport. Aux côtés de Paul Lanchère et Theodor Jensen, il remporte cinq des six premières courses de la saison. « Nous avons effectué une grosse préparation hivernale, et je pense que ça a été la clef du succès. Dès le début de saison, nous avions un coup d’avance sur nos rivaux, et nous avons su le conserver. »
Dans les sports mécaniques, les résultats visibles sont souvent la partie émergée de l’iceberg. Sous la surface se cachent des centaines d’heures de préparation, d’analyse et d’apprentissage. C’est précisément cette culture du travail qui va accélérer sa trajectoire. Quelques mois plus tard, à Portimão, sa carrière prend un virage décisif. « Juste avant la course, Nicolas Lapierre m’a annoncé mon passage en LMP2 avec une participation aux 24 Heures du Mans à la clef. Je n’ai pas dormi la nuit d’après, car c’est un rêve qui devenait réalité. »
Certains souvenirs s’effacent avec le temps, mais cette nuit-là fait désormais partie de ceux qu’Adrien n’oubliera jamais.
L'Oreca 07-Gibson #37 de CLX Motorsport avec (de gauche à droite) Theodor Jensen, Ian Aguilera et Adrien Closmenil.
Remi Vallat (ACO)
Les conseils de Nicolas Lapierre
Pourtant, lorsqu’il débute en monoplace, les 24 Heures du Mans ne constituent pas son objectif principal. Comme beaucoup de jeunes pilotes, il regarde vers la Formule 1. C'est son coach, Julien Neveu, également ingénieur de CLX Motorsport, qui lui suggère de s’engager en endurance. Cette discipline va lui ouvrir d’autres horizons. « Je partage la voiture avec deux autres pilotes ; les performances, nous les réalisons pour une équipe et pas pour nous-même. Cette dimension collective est intéressante et stimulante. »
Au Mans, un pilote n’est jamais seul. Chaque résultat est le fruit d’une intelligence collective, quand mécaniciens, ingénieurs, stratèges et équipiers avancent dans la même direction. Cette philosophie correspond parfaitement au jeune homme, qui apprécie également la gestion du trafic, de la consommation et toutes les subtilités stratégiques propres à l’endurance.
Pour sa première participation, il partagera l’Oreca #37 de CLX Motorsport avec Ian Aguilera et Theodor Jensen. Un équipage dont la moyenne d’âge atteint à peine 19 ans. Une jeunesse qui pourrait étonner les observateurs, dans une course réputée pour sa difficulté. « Notre préparation avec les ingénieurs et Nicolas Lapierre peut faire la différence. Chaque jour, ils nous prodiguent des conseils et nous apprennent des choses. » L’expérience des anciens devient alors un raccourci précieux vers la maturité.
À quelques jours du départ de la 94e édition, Adrien Closmenil se dit excité et impatient. Pourtant, derrière l’enthousiasme, son discours reste étonnamment posé. « Mes parents me disent qu’ils sont fiers de moi. Je suis honoré d’être au départ des 24 Heures du Mans alors que je suis encore jeune. »
À son âge, beaucoup poursuivent leurs études ou découvrent la vie adulte. Lui s’apprête à prendre le départ d’une course suivie dans le monde entier. D'une phrase, il résume son état d’esprit : « Ça ne me donne pas le vertige pour autant car je regarde le futur et apprends du passé. »
Une manière simple de rappeler que l’humilité reste souvent la meilleure alliée de l’ambition.
"Mon plus gros défi sera de maintenir un grand niveau de concentration jusqu’au drapeau à damier"
Adrien Closmenil, CLX Motorsport
Chaque pilote possède son propre imaginaire des 24 Heures du Mans. Certains rêvent du podium. D’autres de la première accélération qui mène vers la ligne droite des Hunaudières. Adrien, lui, attend plusieurs moments avec impatience : « Piloter de nuit et vivre le départ. Même si je ne suis pas au volant, je ne vais pas respirer ».
Mais derrière l’émerveillement se cache aussi un défi immense : rester performant pendant vingt-quatre heures. « Mon plus gros défi sera de maintenir un grand niveau de concentration jusqu’au drapeau à damier ». Pour y parvenir, il suit une préparation spécifique basée notamment sur des exercices de réflexes et de coordination visuelle.
Quant à l’objectif sportif, le jeune pilote préfère garder les pieds sur terre. « Notre objectif est d’abord d’apprendre le plus possible en vue des prochaines participations ». Le mot est lâché : participations, au pluriel. Derrière cette première apparition se dessine déjà une histoire plus longue entre Adrien Closmenil et les 24 Heures du Mans.
Lorsqu’on lui demande quel message il adresserait à l’enfant qui découvrait la course devant sa télévision, sa réponse dépasse largement le cadre du sport automobile : « Je lui dirait de faire tout le temps de son mieux, d’apprendre de ses erreurs et de rapidement relever la tête quand il commet une erreur. »
Dans quelques jours, lorsque le drapeau français s’abaissera sur la grille de départ de la 94e édition des 24 Heures du Mans, Adrien Closmenil ne sera plus seulement un jeune pilote prometteur. Il deviendra l’un de ceux qui ont transformé un rêve d’enfant en réalité.
Des Hypercars, des prototypes LMP2 et des voitures de la catégorie LMGT3 qui défilent sous les yeux de tous, dans les rues de la ville ? Bienvenue au roulage des 24 Heures du Mans. Quelques dizaines de minutes comme un rêve : bref, intense, spectaculaire. Et beau.
Au terme des deux journées de Vérifications administratives et techniques, les 62 voitures engagées dans la 94e édition des 24 Heures du Mans (10-14 juin 2026) sont prêtes à prendre la piste. Avant la Journée Test, les favoris se dévoilent. Ferrari reconnaît une concurrence plus menaçante que jamais, Toyota affiche ...
Grâce à la chaîne YouTube des 24 Heures du Mans, la deuxième journée des vérifications administratives et techniques de la 94e édition (10-14 juin 2026) est à suivre en direct.